La mode à Saint-Tropez

L’histoire de la famille de Julie Vallotti s’écrit comme une saga tropézienne, où toutes les femmes sont de vrais personnages de roman. Paule Vallotti, est sa douce grand-mère paternelle, celle des parfums du chocolat chaud et des goûters, au retour de l’école.

C‘est aussi pour Julie, une magicienne qui transforme son salon en atelier, pour créer des merveilles dans un univers de tissus, de couleurs et de broderies. Créatrice et couturière, Paule travaille pour Lulu Couture et dès les années 50, imagine selon son inspiration des robes, des jupes et des corsets pour les collections de la célèbre maison Vachon, sur le port. Ces tissus et belles matières en coton fleuri, en dentelles, en tuyautés ou volants soyeux, qui deviennent sous les doigts de fée de sa grand-mère des modèles, fascine Julie depuis sa tendre enfance. Ce sont ces créations qui ont inspiré toutes ces années là, les tendances et lancé la mode que l’on portait dans les rues de Saint-Tropez. Son grand-père, Augustin Vallotti, dit Tintin, qui travaille à l’usine des torpilles est aussi l’une des figures tropéziennes de l’époque, comme ses parents venus d’Italie qui ont créé la plage des Graniers. Sa grand-mère maternelle, Monique Aubour est une femme qui a du style, une artiste, un personnage romanesque et extravagant fait pour la lumière et que l’on croise dans les lieux à la mode, comme l’hôtel de la famille, où Monique travaille avec ses sœurs. Dans les salons de l’hôtel de Paris, fréquenté alors par toutes les célébrités, on remarque son allure glamour et sophistiquée, sa beauté et sa féminité. C’est une femme moderne et passionnée, amoureuse de la vie et qui a le goût de l’aventure et des voyages. Julie l’admire et la voit comme une star qui s’habille en Chanel et porte avec audace et élégance les plus belles tenues et chapeaux, à la fois chics et excentriques.

Elle se souvient avoir joué et passé des heures dans son dressing, un lieu magique qui ouvrait les portes de tous les fantasmes et de toutes les inspirations créatives. Chez les soeurs Aubour, il y a aussi sa grand-tante Josette Bain, dont elle est très proche et qui est aussi une autre des héroines de Julie.
C’est une femme engagée et charismatique, qui l’a transportée dans un autre monde, celui de la tradition, de la danse et des costumes provençaux, avec le groupe Lou Rampeù, à qui elle consacre toute sa vie. Julie adore fouiller dans les placards de son dressing, où elle découvre de magnifiques boutis et jupons provençaux mais aussi des trésors de tissus ethniques et des collections de chapeaux. Lorsqu’elle accompagne sa grand-tante dans l’atelier du Rampeù, Julie admire la richesse des imprimés sur le coton ou la soie, que les couturières transforment en costumes et que les danseuses font vivre en musique. Josette si chère à son coeur l’a quitté, mais elle lui a laissé en héritage son amour des tissus, des belles matières et un vrai goût pour les imprimés. Portée par l’amour de toutes les femmes de sa famille, comme celui de sa mère Hélène, qui depuis toujours est un pilier, un soutien et sa meilleure confidente, Julie s’est nourrie d’un univers de féminité et de créations inspirantes. Après une enfance heureuse à Saint-Tropez, elle rêve à toutes les portes qui s’ouvrent devant elles. Passionnée de mode, Julie n’a aucun plan de carrière.
Comme dans un conte de fée, à 18 ans elle rencontre l’amour et son prince charmant, qui lui guide son chemin et son destin. Son amoureux, est aussi un artiste. Tropézien et comédien, Laurent Mouton vit sa passion dans la capitale, où le couple s’installe. Paris est l’opportunité pour Julie, d’une rencontre avec la styliste Elizabeth de Senneville qui l’engage contre toute attente comme attachée de presse, malgré son jeune âge et son inexpérience. Julie relève le défi et s’accroche à cet heureux coup du destin inespéré, travailler dans l’univers de la mode avec un bureau situé au coeur de l’atelier de couture. Quelle meilleure place pour tout apprendre sur le métier, du dessin au patron, du prototype aux essayages, des défilés au lancement des collections. Au côté d’Elizabeth de Senneville, créatrice avant-gardiste, qui ose des approches différentes et de nouvelles matières innovantes, Julie trace les lignes de son destin. Quatre ans plus tard, le jeune couple et leurs deux enfants James et Marlon, quittent Paris pour retrouver leurs racines et leurs familles tropéziennes.
Rentrée au pays, Julie croise le talent de Véronique et Patrick Itier, les créateurs de la marque Ash, avec qui elle collabore pendant 13 ans. Sa passion pour la mode et l’envie de s’exprimer, de créer est chez la discrète Julie, toujours à fleur de peau et c’est Laurent, qui l’encourage et la pousse à oser son rêve.
L’été 2017, avec Julie et les tropéziennes, elle signe sa première collection de robes fleuries, légères, bohêmes, longues, soyeuses et vaporeuses, que Laurent met en scène pour des photos glamour, qu’il réalise sur sa belle dans des décors de vacances, ambiance nature, ou sensuelle sur le sable chaud. Made in France, les robes de Julie naissent d’une rencontre et d’un coup de coeur pour un imprimé, une matière, une fluidité, un ressenti pour un voile de coton, la douceur de la viscose ou de la soie, la poésie d’une dentelle ou la promesse d’une fleur. Julie imagine des robes fluides, solaires, élégantes et confortables, parfois une jupe et un petit haut, à porter en toute occasion, de la campagne à la plage, de la ville au marché et du soir au matin. Julie veut privilégier avant tout l’originalité et l’exclusivité de ses modèles, avec la création d’une collection éphémère, en édition limitée.
Sa collection été 2018 s’inspire de belles matières fleuries, d’imprimés léopard, de dentelles et de motifs réalisés au crochet, par sa chère grand-mère Paule. Avec Julie et les Tropéziennes,
Julie écrit une nouvelle page de l’histoire de sa famille et s’inscrit dans la lignée de ses femmes, pour continuer à exprimer la création et l’esprit tropézien. Ses modèles circulent sur Facebook et Instagram. On peut aussi les découvrir chez ASH Concept à Saint Tropez et à Moorea Beach, sur la plage de Pampelonne.

Texte de Danielle Roche paru dans le magazine VIVRE SAINT-TROPEZ 2018.

Julie et les Tropeziennes, les robes de Saint Tropez
1 Chemin de Sainte-Anne
83990 Saint-Tropez
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Tél. 06 20 02 32 22

Julie & les tropéziennes

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