• Patrimoine & cultures

    Au détour d’une ruelle, d’un chemin ou d'un porche… l’émotion naît de la découverte ! Toutes nos communes gardent les traces d'un passé historique dense et riche, témoin des différentes cultures et civilisations qui se sont succédées sur notre territoire. Mais la culture n’est jamais figée : elle se nourrit du passé, pour construire son présent et s’inventer un avenir.


  • Lumières intérieurs

    Histoires de monuments…

    Le caractère des églises paroissiales

    Sous l'Ancien régime et encore aujourd'hui, l'église paroissiale est le symbole de nos villages : le lieu où l'on est né, où l'on vit et auquel on est viscéralement attaché. Son saint patron est honoré lors des bravades, fêtes religieuses et pseudo militaires, caractéristiques de la Provence orientale. Ces fêtes patronales hautes en couleurs, en musiques et en coups de tromblons, ont lieu au mois de mai à Cogolin, La Garde-Freinet, Sainte-Maxime et Saint-Tropez

    Mais à tout seigneur tout honneur, il faut d'abord visiter Saint-Michel de Grimaud, la plus ancienne église paroissiale du Golfe de Saint-Tropez. C'est un petit chef-d'œuvre du second âge roman provençal, daté de la fin du XIIe-début XIIIe siècle. Elle a été bâtie dans du granite extrait des carrières locales, ce qui lui donne une belle couleur changeante au soleil. Cette église a subi très peu de modifications : on lui a adjoint un majestueux clocher tour au XVIe s. et l'absidiole nord a été modifiée pour aménager la sacristie. A Cogolin, la nef de l'église Saint-Etienne et Saint-Sauveur date du XVe siècle. Le collatéral nord a été construit progressivement, travée après travée, au gré des ressources financières de la communauté tout au long du XVIe s. 

    L'église Saint Laurent de Gassin et son clocher, édifiés à la fin du XVIe siècle, ont un air conquérant car ils dominent le paysage et permettent au regard d'embrasser le Golfe de Saint-Tropez et le massif de Maures. Celle de Ramatuelle, dédiée la Vierge Marie, a été bâtie à la même époque contre le rempart de la ville pour faire l'économie d'un mur et son clocher résulte de l'aménagement d'une tour de guet du XIVe siècle. Pour la petite histoire, au Moyen Age elle s'appelait Notre-Dame du Pin et se situait approximativement à l'emplacement de la mairie actuelle. Mais, pendant les Guerres de religion, à la fin du XVIe s., par peur de voir leur village pilonné par l'artillerie ennemie installée dans leur église surplombant le village, les Ramatuellois la démontèrent pour l'installer à l'emplacement actuel.

    A la fin du XVIIIe, siècle l'accroissement de la population a occasionné l'édification de nouvelles églises paroissiales à la Garde-Freinet, au Plan-de-la-Tour, à Sainte-Maxime et à Saint-Tropez. Cette dernière, datée du début du XVIe siècle, était devenue trop exigüe, insalubre, et en si mauvais état qu'elle menaçait de s'effondrer sur les fidèles. Les édiles tropéziens conscients du danger, commandèrent une expertise et obtinrent de l'évêque l'autorisation de rebâtir un nouvel édifice plus sûr et plus grand. Mais, le prieur-curé, obligé de payer, comme le voulait la coutume, le tiers des dépenses, déploya beaucoup d'ingéniosité pour empêcher les travaux par des contre-expertises et de nombreux recours juridiques. Finalement, l'église de Saint-Tropez fut achevée et elle demeure un merveilleux exemple du style baroque provençal. 

    Le XIXe siècle a vu la création et le développement du village de la Mole dans la plaine, sur la route royale. Son église, dont la façade restaurée a pris des couleurs d'Italie, date du Second Empire.

    Au XXe siècle, c'est la naissance du tourisme et le développement d'une urbanisation de bord de mer qui voit la création de nouveaux villages: Cavalaire en 1929, La Croix-Valmer en 1934 et le Rayol-Canadel en 1949. Bien évidemment, toutes ces communautés bâtissent leur lieux de culte qui ne manque pas de charme.

    Une dernière église œcuménique a vu le jour à Port-Grimaud: Saint-François. Elle est née du génie de l'architecte François Spoerry qui, à travers les siècles, a édifié un pont entre le passé et l'avenir. Son architecture est sobre, contemplative, illuminée par les vitraux rayonnants signés Vasarely.

    Les églises de nos villages, des plus anciennes au plus récentes, sont les édifices les plus visités de notre territoire. Elles sont la mémoire vivante de la foi de nos anciens et elles méritent toutes la venue de visiteurs pour leurs pierres séculaires et leur magnifique mobilier d'une grande qualité liturgique, patrimoniale, culturelle et artistique.

    La chartreuse de la Verne

    On ne peut pas aller dans le golfe de Saint-Tropez sans visiter la Chartreuse de la Verne comme on fait un pèlerinage. Déjà à la fin du XIXe siècle, Guy de Maupassant, dans son journal "Sur l'eau", évoquait la Chartreuse de la Verne et ses mystères. Fondé vers 1170, ce monastère a été implanté loin de toutes habitations, aux limites des diocèses de Toulon et de Fréjus, en plein cœur du massif des Maures. Les chartreux affectionnaient les "déserts", lieux situés loin du monde, propices à la méditation. A pied, par le sentier dit des moines, à partir de la Mole, la montée est rude, belle dans les châtaigneraies et le maquis dense: les seuls bruits audibles sont le chant des oiseaux. Par la route, de Cogolin à Collobrières, le voyage est quasi initiatique. Au détour d'un virage, on découvre au loin les ruines de la chartreuse dans la brume automnale, comme posées là dans un océan de verdure. La route est longue sinueuse, ponctuée de montées et de descentes avant, tout à coup, de se trouver nez à nez avec le portail monumental décoré de serpentinite, marbre vert-bleuté et veiné, extrait des carrières de la Mole. Aller à la Chartreuse de la Verne, c'est découvrir l'authenticité d'un paysage à l’état sauvage : un premier pas vers la méditation, sans doute...

  • Tournez moulins...

    Les moulins de l’imaginaire 

    Les moulins sont une invention géniale de l'Homme. Il s'agit de domestiquer une force motrice : la force musculaire, pour un petit moulin à bras ou le moulin à sang mû par un âne, un liquide pour actionner une roue ou turbine pour le moulin à eau et l'air pour faire tourner les ailes du moulin à vent. Toutes ces inventions représentent des siècles d'ingéniosité développée pour subsister.

    En Provence, le moulin à vent est très populaire car il évoque notre enfance, l'école et la lecture de la nouvelle d'Alphonse Daudet "Le secret de maître Cornille". On ne sait pas comment le moulin à vent est arrivé parmi nous en Occident, mais on trouve sa première mention dans le règlement de la ville d'Arles au milieu XIIe s. Après quoi, il a colonisé une grande partie du bassin méditerranéen. Le moulin à vent provençal est composé d'une tour solidement maçonnée de 5 à 6 m de hauteur constituée d'un mur d'un mètre d'épaisseur. Il est coiffé d'une chapelle en bois, sorte de toit en forme de chapeau chinois, qui comprend à l'intérieur une partie du mécanisme et à l'extérieur les ailes. 

    Dans les villages autour du golfe de Saint-Tropez, les petits fleuves et ruisseaux côtiers n'ont pas un débit très abondant. Aussi, les moulins à vent y ont trouvé un terroir propice à leur implantation. Chaque commune en possédait plusieurs car ils étaient indispensables pour remplacer les moulins à eau au chômage pendant les longs mois d'été quand les cours d'eau sont à sec.

    En se promenant on peut apercevoir de nombreuses tours de moulins à vent. Certaines ont été laissées toutes seules, nues, vestiges des temps passés où les ailes tournaient encore, comme à Gassin en descendant Coste-Brigade, dans le camping de Verdagne à la Croix-Valmer, ou sur le parking du Pôle de santé: parfois, on les a aménagés ou intégrés à des habitations : à Saint-Tropez, l'hôtel La Pinède a transformé en chambre une tour de moulin au bord du rivage. C'est, paraît-il, la chambre préférée des jeunes mariés! A la Garde-Freinet, Saint-Tropez, Ramatuelle etc., ils sont devenus des habitations.

    Des communes se sont lancées dans une grande aventure : faire revivre leurs moulins à vent. En 1990, à Grimaud, l'architecte Hubert Lemonier a restauré le moulin à vent de Saint-Roch dont l'implantation est très probablement médiévale. Aujourd'hui ce moulin se dresse fièrement et veille sur le vallon du Pont-des-Fées qui, dans l'écrin d'un paysage exceptionnel et parfaitement protégé, dévoile au promeneur un véritable trésor de petites fleurs, d'arbustes, et d'insectes.

    A Ramatuelle, une des tours des moulins à vent dit de Paillas a été remise en état de fonctionner en 2002. Depuis, ses ailes tournent lors des journées du patrimoine de septembre, lorsque le vent se rend disponible. Le site des moulins de Paillas est un point de vue exceptionnel permettant de voir, d'un côté la plaine et les plages de Pampelonne, de l'autre la baie de Cavalaire et les Iles d'Or.

    Ces moulins participent à différentes fêtes au printemps et peuvent être visités toute l'année en s'adressant aux Offices de Tourisme. 

    Enfin, notre région était productrice d'huile d'olive. Ainsi chaque village disposait de plusieurs moulins à huile. Ces moulins étaient dit à sang c'est-à-dire, mus par la traction animale généralement par un âne, car cette dénomination vient du mot latin asinus, l'âne. On mettait les olives dans une cuve ou coupe. Un âne ou une bourrique, faisait tourner la pierre qui écrasait les olives. Puis la pâte obtenue était disposée dans des scourtins, sorte de grands paniers ronds en coco, avant d'être empilés sous une presse pour en obtenir de l'huile. Le Musée des Arts et Tradition Populaire de Grimaud présente de très beaux pressoirs en chapelle installés dans un mur de force. 

    Les moulins à vent de St-Roch à Grimaud, de Paillas à Ramatuelle et le Musée des ATP de Grimaud se visitent tout au long de l'année, s'adresser aux Offices de Tourisme.

  • Du haut de mon fort

    A l'abri des châteaux et fortifications

    Au cours du temps les hommes ont constitué des communautés et ont cherché à se protéger des dangers venant de la terre ou de la mer. Ainsi, dès l'Age du fer, soit quelques siècles avant J.-C., des populations appelées Celto-Ligures ont édifié de larges remparts faits de pierres sèches, de terres et de bois pour se mettre à l'abri.

    Ces oppida (oppidum au singulier), comme les appelaient les Romains, sont nombreux sur nos collines. Difficilement accessibles, ils sont généralement situés sur des propriétés privées. Au Moyen Age, les villages se développèrent principalement sur des hauteurs. Il suffit de regarder de la plaine, Grimaud, Cogolin, Ramatuelle, Gassin, La Garde-Freinet villages perchés et protégés...

    Le village fortifié le plus spectaculaire est sans conteste le Fort-Freinet surplombant le village de la Garde. Des maisons et un large fossé ont été taillés à même le rocher à la fin du XIIe siècle. Il a été, par erreur, considéré pendant des siècles comme le repaire des Sarrasins venus d'Espagne qui ont séjourné en Provence au Xe siècle. C'est une visite à ne pas manquer. Le lieu est âpre et magique, la vue à 360 degrés y est sublime.

    Les châteaux comme celui de Grimaud avaient pour fonction de défendre le village mais aussi d'impressionner d'éventuels attaquants et la population locale. Il était le symbole de la puissance du seigneur. Ce dernier y signait tous les contrats de fermages et y recevait les consuls de la communauté. Mais il n'y résidait généralement pas préférant le confort d'une maison bourgeoise du village.

    A Ste-Maxime, une large tour bâtie au XVIe siècle par les moines de l'abbaye du Thoronet, seigneur du lieu, surveille la côte et le port. Elle abrite le musée de la Tour Carrée, consacré au folklore et aux traditions locales. 

    A St-Tropez, la tour Suffren, édifiée au XVe siècle, fait partie du château seigneurial. On peut aussi apercevoir dans le tissu urbain, les tours Saint-Elme, du Portalet, Vieille et Jarlier, éléments défensifs bâtis au XVIe et XVIIe siècles. Dominant la ville, la citadelle date du début du XVIIe siècle. Du haut de son donjon la vue est imprenable sur la mer et le golfe.


  • Chapelles & oratoires

    L’âme des chapelles et oratoires

    Les chapelles de nos villages sont la trace de la ferveur et de la foi de nos anciens. En dehors de l'église paroissiale, les villageois étaient fiers de faire construire de nombreuses chapelles. Saint-Tropez, riche par son commerce maritime avec les Echelles du Levant, a compté jusqu'à plus d'une quinzaine de chapelles. Il faut d'abord mentionner les édifices qui ont servi d'église mais qui, trop exigües, ont été remplacés par un lieu de culte plus grand, et sont devenus des chapelles. C'est le cas de Notre-Dame de la Consolation à Gassin ou des chapelles de Miremer et Saint-Clément à la Garde-Freinet, tous lieux de culte médiévaux transformés en chapelle. Parfois le seigneur du lieu a été à l'initiative de la fondation d'une chapelle: à Saint-Tropez, la Chapelle Sainte-Anne a été probablement construite par la volonté des familles de Laurens et de Grasse seigneurs du lieu, à Cavalaire les Castellane, seigneur de Gassin depuis de XVe siècle sont à l'origine de la chapelle l'Annonciade (milieu XVIIe s.) détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale, à Grimaud, au XVIIe siècle, un prêtre de la Garde-Freinet, apporte un capital suffisamment important pour permettre la  reconstruction de la chapelle médiévale de la Queste.

    Les confréries, communautés de laïcs pieux dont le but était l'entraide fraternelle ont joué un rôle essentiel, particulièrement les confréries de pénitents qui ont permis la fondation de nombreuses chapelles dans presque tous nos villages : à Saint-Tropez, la chapelle de la Miséricorde, siège des pénitents noirs, est restée un lieu de culte mais la chapelle l'Annonciade, de la confrérie des pénitents blancs, est devenue un grand musée des peintres du début du XXe siècle, à la Garde-Freinet, la chapelle Saint-Jean abrite aujourd'hui le siège de l'Office de Tourisme et du Conservatoire du patrimoine, à Grimaud, la chapelle des pénitents blancs renferme un mobilier liturgique de grande qualité à Cogolin, on trouve deux chapelles Saint-Roch contigües. La plus ancienne (XVIIe s.) est devenue un remarquable lieu d'exposition moderne. 

    Des confréries corporatistes, liées à des métiers, ont fait également bâtir des chapelles : à Saint-Tropez, la chapelle Saint-Eloi (XVIIe s.), dévolue à la confrérie des maréchaux-ferrants, charrons, orfèvres et autres artisans travaillant les métaux, est aujourd'hui un temple protestant. Quant à la chapelle Saint-Joseph, siège de la confrérie des métiers du bâtiment au XVIIe siècle, elle ouvre ses portes à l'occasion des bravades et fêtes religieuses qui rythment la vie de la cité. 

    Toutes ces chapelles sont de véritables simples et beaux joyaux qui témoignent de la piété populaire des siècles passés. Elles renferment toutes des merveilles : un mobilier religieux de grande qualité pour celles toujours vouées au culte et de magnifiques toiles sculptures et peintures et objets pour celles devenues des musées.

    Les oratoires

    Les oratoires sont une manifestation religieuse plus populaire. On aperçoit ces petites colonnes sur le bord des chemins pour protéger les voyageurs : à Saint-Tropez sur la route de la chapelle Ste-Anne, à Grimaud au quartier Saint-Joseph, sur l'ancienne route de la Garde-Freinet, au hameau de la Mourre etc. Il ne faut pas oublier de lever les yeux pour voir les oratoires urbains, petites niches placées au-dessus de la porte d'entrée ou sur le mur de sa maison. Ils ont une vertu propitiatoire en protégeant les habitants de la maisonnée de tous les dangers : à St-Tropez où on en a recensé plus d'une quarantaine, mais aussi à Cogolin, La Garde-Freinet, Grimaud, Sainte-Maxime, La Mole…

  • Architectures...

    Les tendances architecturales

    La côte provençale avant de s'appeler la Côte d'Azur a attiré, dès la fin du XVIIIe siècle, la noblesse et la riche bourgeoisie venues profiter de la clémence de son climat et de son soleil généreux. On oublie que les vacances au bord de la Méditerranée se prenaient d'abord en hiver à Nice, Hyères et St-Raphaël. Après la Grande Guerre, s'est développé un tourisme d'été avec la découverte des bains de mer, des sports nautiques et des corps musclés et halés. 

    Pendant l'entre-deux-guerres, cet engouement à pousser de bourgeois français ou étrangers aisés à venir faire construire de belles villas au bord de la mer. Notre région est alors devenue un véritable laboratoire qui a permis à des esprits novateurs du début du XXe siècle de s'exprimer et développer une architecture moderne et de qualité. 

    A Saint-Tropez, on aperçoit de loin un immense vaisseau blanc posé dans la pinède : le Latitude 43 de Georges-Henri Pingusson. Construit en 1932, c'est un bâtiment d'avant-garde salué dans le monde entier comme une œuvre géniale de beauté pure et de fonctionnalité. Conçu au départ pour être un hôtel de grand luxe, il comprenait 110 chambres marquées par l'esthétique du yachting avec coursives, fenêtres en forme de hublot, piscine olympique d'eau de mer, casino et courts de tennis. Converti en appartements après 1945, il est protégé au titre des Monuments historiques.

    De l'autre côté du Golfe, à Sainte-Maxime, l'hôtel l'Arbois de René Darde lui fait face. Bâti deux ans plus tard, l'immeuble est sobre, de lignes pures, regardant la mer il respire. Il a obtenu le label patrimoine du XXe siècle, ainsi que le magnifique Palais des Sirènes de François Bret. L'Office de Tourisme propose un itinéraire de découverte de cette architecture de villégiature de grande qualité. On trouve également de nombreuses habitations de cette période à la Croix-Valmer le long du boulevard des Villas ou à Grimaud sur la RD 559 au quartier de Beauvallon. Enfin, construit plus récemment et imaginé par l'architecte François Spoerry, Port-Grimaud et sa marina, connus internationalement pour leur architecture douce et raffinée, mérite une visite.


  • Dolmens & menhirs

    Les roches à bâtir

    Le massif des Maures est composé de roches très anciennes cristallines et métamorphiques (600 à 400 millions d'années) témoins de l'extraordinaire et exceptionnelle richesse géologique et minérale du massif. Ces roches ne se taillent pas facilement et sont peu propices à la construction. Seules deux roches se sont laissées domestiquer : la serpentinite, appelée communément serpentine, sorte de marbre bleu-vert veiné et le basalte, pierre de lave, gris-noir alvéolé.

    Ces deux matériaux subtilement colorés, ont donné de beaux éléments décoratifs et architecturaux caractéristiques des douze villages des cantons de Grimaud et de Saint-Tropez : portes, fenêtres, marches d'escalier et autres éléments décoratifs

    La Provence des mégalithes

    Les mégalithes, monuments mythiques, sont caractéristiques de la période Néolithique entre 4000 et 2000 av. J.-C. Les dolmens, ou tables de pierre en breton, sont des sépultures collectives. On ne connaît pas précisément la signification des menhirs ou pierres plantées. Ces monuments impressionnants et mystérieux font penser spontanément à la Bretagne. Mais sait-on que dans le département du Var, les archéologues ont recensés plus d'une cinquantaine de dolmens et autant de menhirs? 

    A Ramatuelle, au Cap Taillat, un sentier merveilleux, sur le chemin dit des douaniers, conduit sur la propriété du Conservatoire du Littoral au dolmen de la baie de Briande. Fouillé en 1935, aujourd'hui restauré, il est présenté de manière didactique. Au Plan-de-la-Tour, le sentier des Gorgues permet de découvrir deux menhirs provençaux.

  • L'eau, la vie...

    L'eau à la source

    On connaît l'importance de l'approvisionnement en eau dans tout le pourtour méditerranéen. L'eau est une denrée rare qu'il faut savoir économiser. Il n'est pas loin le temps où on allait chercher de l'eau à la fontaine car l'eau courante ne coulait que chez quelques privilégiés. Tous nos villages disposent de fontaines. L'eau y est généralement fraiche et de bonne qualité. C'était un lieu de sociabilité, les femmes venaient s'approvisionner munies de leur cruche ou de leur seau et on discutait, parfois on s'insultait mais on en venait rarement aux mains. Le bétail pouvait aussi venir s'y désaltérer. La fontaine de la place des Lices à Saint-Tropez est la plus célèbre. Elle coule depuis le XVIIIe siècle. A Ramatuelle, Joseph Bernard, maire dynamique en fit construire une sur la place en 1905. A La Garde-Freinet, on trouve la fontaine vieille et une grande fontaine circulaire Place Neuve. A Gassin, un puits fournissait l'eau du village. A Grimaud, la fontaine monumentale de la Place Neuve est symbole de progrès et de prospérité. Mais au détour d'une ruelle on peut encore apercevoir de vieilles fontaines à bras à Cogolin et Grimaud, ou de modestes bornes à eau du XIXe s., signe de modernité et d'hygiène. Il ne faut pas oublier, les fontaines anonymes que l'on rencontre dans une randonnée au détour d'un chemin, en plein maquis. Elles sont parfois munies d'un verre ou d'un petit récipient en liège laissé là pour le promeneur afin qu'il étanche sa soif dans les chaleurs de l'été. 

    Les lavoirs sont un autre lieu de sociabilité où les conversations allaient bon train. Les femmes y lavaient leur linge même en hiver lorsque l'eau était glacée. Deux fois par an, on faisait la bugade, en français la grande lessive, à l'aide de la cendre soigneusement collectée dans la cheminée. Aujourd'hui, avec l'avènement de la machine à laver, les lavoirs sont abandonnés. A Saint-Tropez, le lavoir Vasserot, construit au XIXe siècle, est devenu un remarquable lieu d'exposition d'artistes. 

    On aime toujours se rassembler près d'une fontaine ou d'un lavoir pour se désaltérer et entendre le bruit apaisant de l'eau qui coule comme le temps qui passe, inexorablement.

  • Musées & traditions

    Témoignages du passé

    Chaque commune ou presque a son musée ou un espace dédié aux traces, aux vestiges ou aux évènements qui ont marqué l'histoire de son territoire. Certaines présentent leurs origines rurales, d'autres leur patrimoine religieux, d'autres encore s’appuient sur des faits marquants, des personnages emblématiques, voire même des volatiles célèbres dans l’hexagone…

    Archéologie et coutumes

    Cavalaire (Heraclea Caccabaria) a conçu un espace archéologique qui présente des objets de l'histoire souvent méconnue de l'antique cité : sites du Montjean (âge du fer), de Pardigon (période romaine) et épaves sous-marines repêchées. A Grimaud, comme à La Garde-Freinet, les musées retracent la vie et les coutumes de ces villages de Provence : évocation de la culture de la vigne, de la forêt, des bouchons, de l'élevage du ver à soie, des travaux domestiques, vêtements et costumes provençaux (Grimaud), des premiers habitants du massif des Maures, culture du liège et de la châtaigneraie (La Garde-Freinet).

    Folklore et traditions

    A Sainte-Maxime, le musée de La Tour Carrée est consacré au folklore et aux traditions de la commune sous forme d'expositions temporaires ou permanentes (costumes et objets divers relatifs à l’histoire provençale, à l’artisanat et à la pêche). A mi-chemin entre Sainte-Maxime et Le Muy, le musée du Phonographe et de la Musique Mécanique présente une collection unique de 350 instruments qui retracent l’histoire du phonographe et des inventions européennes entre 1830 et 1930. 

    Avant-garde picturale, volatiles et légendes maritimes… 

    A Saint-Tropez le musée de l'Annonciade rappelle que la presqu'île a été l'un des foyers les plus actifs de l'avant-garde picturale du début du XXe siècle, grâce notamment à Paul Signac qui découvrit en 1892 ce charmant petit port. En complément de ses collections résidentes, le musée organise de magnifiques expositions ponctuelles qui attirent chaque année des milliers de visiteurs passionnés. S'amusant de la légende historique liée à sa naissance, Cogolin a conçu dans l'ancienne demeure d'un seigneur (XVIIe) un musée dédié à son emblématique gallinacée. Au menu : des centaines d’objets, peintures, sculptures, céramiques, verres, bronzes, représentant le coq à travers les âges ! A Saint-Tropez, la Maison des Papillons présente une extraordinaire sélection (plus de 35 000 spécimens) d'espèces diurnes de France, réunies et mis en scène par l'artiste Dany Lartigue. A Saint-Tropez toujours, signalons l’ouverture en juin 2013 du tout nouveau musée de l’histoire maritime, dans le cadre prestigieux de la Citadelle.

  • Minuit... 14 août 1944

    Débarquement de Provence

    Ce sont près de 350 000 hommes, 2 120 navires et 1 900 avions qui furent engagés, à compter de la nuit du 14 au 15 Août 1944, dans cette opération d’envergure qui permettra la libération de la Provence puis de tout le Sud-Est de la France en moins de 15 jours dans une avancée fulgurante. Du Débarquement en Provence qui a mobilisé tout le littoral, on retrouvera des stèles (Le Rayol, Cavalaire), des monuments (La Croix Valmer, Cogolin, Ramatuelle, Saint-Tropez), qui permettent la commémoration régulière de cet événement historique. A proximité de nos rivages, subsistent des épaves impressionnantes de navires de guerre coulés alors, d’avions descendus pendant ces opérations militaires, qui sont aujourd’hui autant de sites de plongées incontournables. Il arrive même parfois que ressurgissent sur nos plages, au gré des coups de mer hivernaux, des tourelles de chars, témoins de ce débarquement allié.

  • Made in Provence

    Artisanat d'art et antiquités

    Pipes, hanches, ferronnerie, verreries, sandales en cuir, tapis, céramiques… Vous vous laisserez séduire par le savoir-faire de nos artisans et le talent de nos artistes dont les productions locales s'exportent dans le monde entier.

    Que serait la Provence sans ses poteries ? Elles sont nombreuses dans notre région et toutes originales : à Ramatuelle ou à Gassin (Poterie Provençale Augier), à Grimaud (Poterie des 3 Terres et Poterie du Porche), à Cogolin (La Poterie de Cogolin), à La Croix-Valmer (Suzanne Scheerer) : poterie de jardin, en terre cuite, émaillée ou décorée, faites main ou pas, en faïence personnalisée, laissez-vous tenter. En céramique, on s'arrêtera chez l'un des plus connus (de Salernes), Alain Vagh dont le show-room d'exposition (Ramatuelle) est entièrement réalisé avec la céramique "maison" (jamais moins d'un centimètre d'épaisseur).

    Anches, pipes et sandales

    Le climat particulier de la vallée de la Mole a favorisé la pousse et la culture naturelles du roseau dont on tire des outils de musique (anches) pour les hautbois, les bassons et autres saxophones (établissements Rigotti et Alain Ruiz à Cogolin), ces fines languettes qui s'exportent dans les plus connus des clubs de jazz du monde ! Issus aussi de la nature, les racines de bruyères des Maures sont la matière première des pipes fabriquées à Cogolin (fabrique Charles Courrieu). Le cuir (peau tannée), utilisé en maroquinerie, a fait la renommée de fabricants de sandales (K. Jacques et Rondini à Saint-Tropez, Atelier cuir à Grimaud).

    Clochers en dentelles et tapis de laine

    Sans aller jusqu'aux campaniles, ces clochers en dentelles qui coiffent la plupart de nos églises, la ferronnerie est un art très développé en Provence. Plusieurs maîtres-artisans réalisent dans le Golfe une ferronnerie authentique, sur mesure, classique ou de pure création (Ferronnerie d'art Hoogewys et Fils à Cogolin, Calvani à Saint-Tropez, Création Béatrice H à La Croix Valmer). Plus douces mais tout aussi délicates sont les créations en laine sorties de la Manufacture des Tapis de Cogolin, créée en 1924. Ses métiers qui datent de 1880 sont dits "basse lisse à bras" avec un mécanisme Jacquard, du nom de l'inventeur qui, en 1801, créa ce métier révolutionnaire (ne se visitent pas).

    Objets insolites et collections plus précieuses

    D'autres artisans justifient ce petit tour chez ces passionnés. A La Croix-Valmer, l'Atelier de Janny s'est spécialisé dans le décor sur porcelaine, l'art de la table, la décoration et les traditions provençales. Tout comme "Entre lin et coton" (Cogolin), créations sur porcelaines peintes à la main et Atmos'Verre (Cogolin), miroiterie d'art, qui crée vasques, mobilier en verre et autres objets insolites, des créations originales. En empruntant la route entre Cogolin et Grimaud (direction Collobrières), le quartier des Antiquaires rassemble bon nombre de professionnels qui offrent un choix éclectique d'objets insolites et divers. On se rapprochera enfin de Saint-Tropez pour découvrir de véritables collections d'art plus spectaculaires et plus précieuses. 

  • L'émotion en partage

    La culture en mouvement 

    Il existe plusieurs lectures du Golfe de Saint-Tropez selon qu'on préférera l'histoire, la géologie, le folklore, la pêche, la voile ou les sorties nocturnes… Salles obscures et bibliothèques, centres culturels et médiathèques maillent ce territoire et c'est heureux.

    Pôle culturel du Golfe


    Le Carré Léon Gaumont (Sainte-Maxime) est sans conteste le pôle culturel le plus polyvalent. Ce complexe récent de plus de 5 200 m² réunit en un même lieu deux salles de spectacles, de 485 et 80 places (programmation pluridisciplinaire de grande qualité : théâtre, danse, musique, cirque et arts numériques, rencontres avec des artistes, stages…), une médiathèque municipale de 1 000 m² (prêt de livres, bd, revues, CD, cd-rom, expositions, animations, ateliers, lectures de livres, rencontres avec les auteurs...) et un cinéma, "Le Pagnol Carré Léon Gaumont" qui comprend trois salles au son numérique et aux fauteuils club.

    Pour petits et grands

    A Cavalaire, la médiathèque offre à l'année une programmation d'expositions très originales. Fort d'un fond de 40 000 documents disponibles dont la moitié de nouveautés, cet espace municipal présente des catalogues très fournis de vidéos, cd rom, livres, périodiques (journaux, revues, magazines) et une toute nouvelle salle de conférence. Dans les mêmes locaux que le conservatoire intercommunal Rostropovitch-Landowski, la médiathèque de Cogolin fourmille d'activités pour petits et grands. En complément du prêt de livres, cd et dvd, elle organise des ateliers avec des conteurs, des rencontres avec des auteurs, des expositions (inscription gratuite pour les moins de 16 ans, même pour les non-cogolinois ! Ouvert toute l'année). 

    Lecture et ateliers d'écriture

    La Croix Valmer (maison des arts et de la culture et bibliothèque municipale), La Garde-Freinet (bibliothèque Saville, bibliothèque des Jeunes et bibliothèque municipale "Jean Aicard"), Saint-Tropez (bibliothèque municipale jeunesse Charles Vildrac), Gassin (bibliothèque municipale) ont aussi leur point de rendez-vous avec la lecture, des ateliers d'écriture et autres animations culturelles régulières, portes ouvertes sur la connaissance de soi comme du monde qui nous entoure.

  • Fêtes patrimoniales et cultuelles

    Mai

    Fête du Village : La petite Maïo à Sainte-Maxime. 

    Brocante : Printemps des Antiquaires, place des Lices, à Saint-Tropez

    Fête de Village : Bravades de la Saint Maur à Cogolin

    Fête de Village : Fête du printemps à La Garde-Freinet

    Fête votive à Sainte-Maxime

    Fête du Village : Fête de la Saint-Pons au Plan de la Tour

    Fête du Village : Bravades, fête traditionnelle, à Saint-Tropez

    Foire de la Laine à Grimaud

    Fête du village : Bravade de Saint-Clément à La Garde-Freinet

    Juin

    Fête du Moulin à Grimaud

    Fête de Village : Bravade des Espagnols à Saint-Tropez

    Feux de la Saint Jean à Grimaud

    Feux de la Saint-Jean, procession, chants et feu de la Saint Jean à Cavalaire

    Fête de la Saint-Pierre, bal avec orchestre, à Sainte-Maxime

    Juillet

    Fête de la Saint-Pierre, bal avec orchestre, à Sainte-Maxime

    Fête de la Saint-Pierre à Cavalaire

    Fête de la Sainte Magdeleine à La Mole


    Fête de la Saint-Pierre, fête foraine et manèges, aubades et bals au Plan de la Tour

    Août

    Fête du Village, Fête de la Saint-Laurent, procession, messe champêtre et anchoïade à Gassin 

    Fête du village à La Garde-Freinet

    Fête du hameau de la Mourre à La Garde-Freinet

    Cérémonie commémorative du Débarquement à La Croix Valmer

    Bal du 15 août à Ramatuelle

    Festivités commémoratives du 15 août à Sainte-Maxime

    Festivités commémoratives du 15 août à Cavalaire

    Fête du village à Grimaud

    Fête de la Saint-André à Ramatuelle

    Septembre

    Fête du Coq à Cogolin

    Pèlerinage à Notre-Dame de Miremer à La Garde-Freinet

    Octobre

    Fête du Moulin de Paillas à Ramatuelle

    Novembre

    Fête de la Saint Hubert à Grimaud 

    Décembre

    Nombreuses animations dans tous les villages du Golfe :

    Santons de Provence à Cavalaire et à La Garde-Freinet

    Cérémonie Commémorative, stèle de l'AFN à La Croix-Valmer

    Festivités de Noël à Cogolin

    Célébration de l'arrivée de l'hiver au Domaine du Rayol 

    Noël Blanc à Cavalaire 

    La Provence des Noëls à Ramatuelle 

    Noël au Moyen Age et Foire aux Santons à La Garde-Freinet

    Noël des enfants à Gassin

    Noël à Saint-Tropez

    Noël au Plan de la Tour

    Noël à Sainte-Maxime