Histoire médiévale

La route médiévale du Golfe de Saint-Tropez et du Pays des Maures

Cette route du patrimoine médiéval traverse des villages qui, pour la plupart, étaient édifiés sur les hauteurs des collines environnantes ou nichés dans des écrins de verdure, afin de se protéger des dangers de la guerre, des pillages et des épidémies d’alors. C’est la raison pour laquelle ils bénéficient toujours de ces points de vue exceptionnels sur le golfe de Saint-Tropez et la côte des Maures.

Venez parcourir les étroites et sinueuses ruelles caladées, lovées autour du clocher de l’église, et humer le parfum des fleurs exotiques et des légendes des conquêtes sarrasines. N’hésitez pas à goûter au charme et au calme de ces villages, qui, loin des fureurs estivales, sont le reflet de l’art de vivre provençal.

carte médiévale
Titre Cogolin
Eglise Saint-Sauveur

L'Eglise saint-Sauveur

De construction tardive (milieu du XVe s.) entièrement remaniée au milieu du XVIe s, elle recouvre plusieurs édifices plus anciens dont elle conserve quelques vestiges romans (chapelle de la Vierge). Il faut remarquer deux belles portes : au nord en serpentine (pierre dure de couleur verte) et à l’ouest en basalte (pierre de lave de couleur noire). En 1550, elle est consacrée par l’évêque de Fréjus sous le titre de saint Sauveur et saint Etienne.
Remarquable triptyque daté de 1540, du peintre originaire de Draguignan André Carton dit Urlupin.
Depuis 1984, des artistes contemporains locaux : Jean-Pierre de Kock, Patrice Henry Biabaud, Luc Vento et Jean-Paul Lemarquis contribuent à l’embellissement de l’édifice.

La chapelle Saint-Roch

La chapelle saint-Roch est un édifice du début du XIXe s. appartenant à la confrérie des pénitents blancs. Elle remplace un édifice daté du début du XVIIe s. qui fut vendu comme bien national en 1792 et qui, transformé en grange, jouxte l’actuelle chapelle saint-Roch.

La Tour de l'Horloge

La Tour de l’Horloge

Date du XIVe s. C’était l’entrée de l’enceinte fortifiée du château seigneurial et d’une partie du village médiéval où se réfugiaient en cas de besoin, les habitants et leurs troupeaux. L’enceinte fut rasée à la fin du XVIe siècle lors des Guerres de religions, mais la tour est parfaitement intacte.

la Provence et la peste
Les deux saints invoqués pour se protéger de la peste en Provence sont saint Sébastien et saint Roch. Ce dernier, originaire de Montpellier au XIVe siècle, est manifestement le saint protecteur préféré des habitants de notre région car on trouvait des chapelles saint-Roch à Saint-Tropez, Grimaud, Cogolin et Roquebrune. La statue de saint Roch est toujours présente dans les églises de tous les villages du Golfe de Saint-Tropez et du Pays des Maures. Les deux épidémies les plus tristement célèbres sont celles de 1347-1348, nommée « la peste noire » et celle de 1720 qui, partant du port de Marseille, a ravagé la Provence.
Titre Grimaud
Le château de Grimaud

Le châteauclassé Monument Historique

Les remparts (fin XIIIe s.-XIVe) protégeaient une partie du village médiéval et le château proprement dit. Celui-ci a été remanié plusieurs fois (la tour carrée date du XVe s. et les deux tours rondes du milieu du XVIIe s.). Aujourd’hui cet espace aménagé en théâtre de plein air accueille en été un festival de musique du monde. Il faut parcourir les ruelles de ce village magnifique qui portent encore de nombreuses traces de son passé médiéval.

L’église paroissiale saint-Michelclassée Monument Historique

Fin XIIe–début XIIIe siècle. Bâtie en granit local, ayant subi fort peu de remaniements, elle a gardé son intégrité et demeure ainsi un des joyaux du Second âge roman provençal. Elle est ornée d’un très beau mobilier, en particulier un bénitier en marbre du XVIe siècle.

Chapelle des pénitents blancs

Chapelle des pénitents blancs

Bâtie à la fin du XVe siècle, elle était la chapelle de la confrérie des pénitents blancs. Elle conserve un très beau mobilier. Son parvis est constitué d’une large Place plantée de cyprès, occupée par une croix de mission en bois (XIXe s.)

Les pénitents blancs
Les pénitents blancs étaient une confrérie de laïcs qui poursuivaient des buts pieux, notamment d’ensevelir les pauvres. Ils étaient appelés ainsi car un vêtement blanc les recouvrait de la tête au pied.
Le Fort-Freinet
Titre La Garde-Freinet

Le Fort-Freinetclassé Monument Historique

Les historiens du passé croyaient que le Fort-Freinet était l’ancien repaire des Sarrasins qui occupèrent la Provence au Xe s. Il n’en n’est rien, car les archéologues ont découvert qu’il s’agissait d’un site rupestre de la fin du XIIIe siècle, dont les habitations et un large fossé sont taillés dans le rocher.

Indispensable : Visite du Fort-Freinet

Balade courte mais escarpée qui permet de découvrir un site médiéval spectaculaire, qui bénéficie d’un point de vue privilégié sur le village de la Garde-Freinet, le Golfe de Saint-Tropez et la plaine des Maures.
Possibilité de visites accompagnées et commentées au Conservatoire du Patrimoine près de l’Office du Tourisme. Tél : 04 94 43 67 41.

Le hameau Saint-Martin
Titre Le Plan de la Tour

Ce village, dont la création date de 1792, était appelé hameau saint-Martin et dépendait de la communauté de la Garde-Freinet. Il doit son nom à une tour seigneuriale dépendant de l’abbaye du Thoronet, située plus à l’est et attestée dès le début du XIVe s. Cette tour ne se visite pas, mais profitez de l’occasion pour flâner dans les ruelles du village, notamment un jour de marché (le jeudi matin).

Eglise de Sainte-Maxime
Titre Sainte-Maxime

L’église paroissiale

Dédiée à Sainte-Maxime, l’église a été rebâtie dans la deuxième moitié du XVIIIe s. pour remplacer un édifice plus ancien. Dans le chœur, on trouve un maître-autel en marbre polychrome du XVIIIe s., et des stalles du XVe s. classées Monument Historique, dont on ne connaît pas la provenance.

La Tour Carrée
Stalle / Stallum
Stalle vient du latin médiéval stallum : sièges de bois à dossier haut garnissant les deux côtés du chœur de certaines églises et réservés au clergé.

La Tour Carrée

Construite vers 1520 lors du repeuplement de Sainte-Maxime à la demande des moines du Thoronet, seigneurs du lieu. Elle a servi de demeure seigneuriale, de prison, de grenier, d’élément de défense avec ses canons, puis après la Révolution française, d’école, d’entrepôt des douanes et de mairie. Protégée au titre des Monuments Historiques, elle abrite aujourd’hui un musée de tradition.

La citadelle de Saint-Tropez
Titre Saint-Tropez

Le célèbre village de Saint-Tropez a été refondé à la fin du XVe s. De cette période on peut apercevoir la tour du château Suffren (sur la place de la mairie) dont le nom atteste la présence de cette grande famille de la noblesse provençale dont certains membres furent les seigneurs de Saint-Tropez au XVIIIe s. et dont le plus illustre représentant est le fameux Bailli. Le cœur du village médiéval se trouve entre la Place de la mairie, la mer et le quartier de la Pouncho, c'est-à-dire la Pointe en français. Quelques éléments du rempart et du système défensif de la cité se retrouvent à la Tour-Vieille, la Tour-Jarlier et la Tour-du-Portalet. La citadelle de toute beauté, qui domine le village et le port, date, elle, du tout début du XVIIe s. A ne pas manquer.

Ramatuelle vu du ciel
Titre Ramatuelle

L’origine mystérieuse du nom du village pourrait venir de l’arabe Rahmatu llâh (bien fait des dieux) et serait ainsi une des rares traces de la présence des Sarrasins en Provence au Xe s. Le village dans son tracé, avec ses ruelles en escargot enroulées les unes autour des autres, est médiéval. L’église paroissiale, à l’extérieur des remparts, date de la fin du XVIe s. mais son clocher est le remploi d’une des quatre tours de guet du XIVe s. Il reste encore de larges portions du rempart médiéval qu’il est facile de parcourir tout autour du village.

L’église paroissiale saint-Laurent
Titre Gassin

De nombreuses traces médiévales sont visibles dans ce petit village, classé plus beau village de France, perché à 201 mètres. A voir : l’ensemble du village, la porte dite des Sarrasins, une maison millésimée 1422…

L’église paroissiale Saint-Laurent

Elle a été bâtie au milieu du XVIe s. et renferme un très bel ensemble mobilier : reliquaire de saint-Laurent, Vierge dorée etc.

Chapelle Notre-Dame-de-la-Consolation

Située à 500 mètres en contre bas du village derrière le cimetière, cette chapelle est attestée dès la période médiévale. Elle a été largement remaniée au XVIIe s et a servi de paroisse jusqu’au XVIe s. En été, c’est un lieu de concerts de qualité.

Plage de Sylvabelle
Titre La Croix-Valmer

Il a également fait partie du terroir de Gassin jusqu’en 1932. Son activité agricole était marquée par la production de céréales, de vin, figues, légumes secs et le pastoralisme avec des troupeaux de chèvres que l’on trouvait sur l’ensemble du Massif des Maures. N’hésitez pas à découvrir les domaines vinicoles du village, dignes héritiers des cultivateurs d’alors.

La légende de Constantine
Au IIIe s. après J.-C., l’empereur Constantin devait se rendre à Rome pour combattre son rival Maxime. Dans sa route, de Trêves via Arles, il serait passé à la Croix-Valmer et là, invoquant le Dieu de sa mère, Jésus Christ, il aurait eu sa fameuse vision : quelque chose en forme de croix dans le ciel, marqué du « in hoc signo vinces », par ce signe tu vaincras.
Plage de Bontporteau
Titre Cavalaire

Un des quartiers de Gassin, il n’est devenu un village à part entière qu’en 1929. Les historiens pensent qu’il s’agit du petit port antique mentionné par le géographe Antonin dans son itinéraire maritime. Au Moyen Age, il y régnait une activité portuaire avec ses pêcheurs, dont certains venaient de la riviera génoise, ses ruelles, ses tavernes, ses rixes et ses prostituées. C’est aujourd’hui un port de plaisance moderne.

Les jardins du Rayol
Titre Le Rayol-Canadel

C’était la partie maritime du terroir de la Mole. Au Moyen Age, ces criques servaient de dépôts de bois et autres produits de la forêt des Maures, pour être ensuite acheminés vers les grandes villes provençales. Il est devenu un village autonome en 1949. La pergola circulaire du Pateck, protégée au titre des Monuments Historiques, est une ancienne aire pour le dépiquage du blé. En Provence, le blé n’était généralement pas battu avec un fléau mais foulé par les pattes de juments.

Chapelle Sainte-Madeleine
Titre La Mole

Lieu-dit connu dès 1008, c’est le nom de village le plus ancien des terroirs du Golfe de Saint-Tropez / Pays des Maures. Le village médiéval de sainte-Madeleine (fin XIIIe- XIV s.), bâti sur un piton de basalte (pierre de lave) à quelques kilomètres du village actuel (XIXe s.), est le but d’une procession (3e week-end de juillet) en hommage à cette sainte, chère au cœur des Provençaux. Une grande partie de son terroir dépendait de la Chartreuse de la Verne, abbaye fondée à la fin du XIIe siècle (située aujourd’hui sur la commune de Collobrières).

la Chartreuse de la Verne

Guy de Maupassant dans « Sur l’eau » décrit la Chartreuse de la Verne :

Une ruine énorme, presque noire, une longue suite d’arceaux, supportent sur leurs voûtes l’antique abbaye de la Verne.